"3" (2007)
Avec ce nouvel opus, le groupe propose
une musique plus sobre que dans le premier album - la règle
du jeu était que chacun des titres devait épouser
la structure d'une chanson à part entière, les arrangements
réduits au strict minimum - sans pourtant refouler les
ingrédients très divers qui le caractérisent.
Le style étant une question d'écriture, et pas uniquement
de genre musical ou de sons, Dee Lorelei a voulu faire un album
« à la Beatles (White Album) ou Led Zepplin
(Houses of the Holy) », proposant des morceaux très
divers - du rock engagé (« War ») à
la pop-électro-jazz-hip-hop (« Mayhem »), de
l'instrumentale (« Jaguar ») à la chanson française
(« Cauchemars ») - avec une orchestration elle aussi
très variée (guitares, piano, claviers, machines,
violoncelle, contrebasse), portée par les voix.
3, ce n'est pas le numéro de
l'album, c'est le nombre de musiciens nécessaires pour
interpréter les morceaux. Mais comme toute règle
d'or, elle s'est avérée intenable, d'où les
guillemets, marque de l'ironie qui a été le maître
mot de toutes les compositions. Sexe, mélancolie et dérision
sont plus que jamais les lignes directrices de Dee Lorelei.
CE QU'EN DISENT LES CRITIQUES
Troisième chapitre réussi
de l'histoire de Dee Lorelei, le nouvel album du groupe clermontois
permet d'être aspiré par une spirale musicale très
originale. Une spirale infernale qui permet d'entrevoir les portes
d'un monde sombre, inquiétant, hanté par la sexualité
et foisonnant d'idées bizarres et d'influences bigarrées
Si la tonalité du disque (présenté sous une
superbe pochette que l'on doit à Lord Gomez, de Kunamaka)
est plutôt pop/rock, Dee Lorelei surprend par la richesse
de la palette sonore qui lui permet d'esquisser ses multiples
tableaux. Tableaux où l'on ressent de manière prégnante
l'importance que représentent sur la psyché des
musiciens le métal torturé de Tool, l'électro
pop de Depeche Mode, le rock ouvert vers les sonorités
orientales de Led Zeppelin, la pop aérienne de Jeff Buckley
et de Radiohead, les bandes originales de films signées
par Ennio Morricone et Angelo Badalamenti Aussi tortueux, versatile
et imprévisible que les films du réalisateur de
Twin Peaks, Fire walk with me, Mullholland drive et Blue Velvet
le très perturbé David Lynch , l'univers
de Dee Lorelei encercle l'auditeur, parfois un peu réticent
au début à cause de certains côtés
grandiloquents et sulfureux, et ne le laisse plus s'échapper.
C'est donc en prisonnier volontaire que les écoutes successives
s'effectuent, révélant chaque fois de nouveaux petits
détails sonores ou arrangements méticuleusement
agencés sur les ballades à la guitare ou au piano,
les envolées rock ou les titres de pop teintés de
rock nerveux. David Roche (voix, guitare, piano, claviers, programmation),
Pierre Esteves (basse) et Guillaume Valy (batterie) peuvent s'enorgueillir
d'avoir composé et réalisé avec l'aide
de leur nombreux amis doués un album au charme trouble
révélant une indéniable personnalité.
Souhaitons aux titres War, Stay, Jaguar, 1000, Silence, Cauchemars
et Fester (entre autres) de connaître une nouvelle vie sur
scène, un endroit où Dee Lorelei se révèle
souvent impressionnant
A lire également, une interview de Dee Lorelei
réalisée en 2004, une chronique du deuxième
album du groupe, ainsi que deux comptes rendus de concerts donnés
à la Coopérative de mai, en 2003 et 2004.
Bientôt dans la rubrique Bonus du site de Radio
Campus Clermont, une interview et un show case enregistrés
en 2007 : www.clermont.radiocampus.org.
Pierre Andrieu, le 27/02/2007
<www.foutraque.com>
<http://www.concertandco.com/artiste/dee-lorelei/critique-cd-achat-vente-27628.htm>
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